Yamaha MT-25 « Rusa » : un roadster néo-rétro au tempérament de tracker

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Yamaha MT-25 « Rusa » : une base moderne pour un tracker néo-rétro

À première vue, la Yamaha MT-25 « Rusa » semble venir d’une autre époque : réservoir sculpté, roues à rayons et selle monoplace évoquent les motos de flat track des années 1970. Pourtant, sous ce design vintage se trouve une base contemporaine, conçue pour répondre aux usages quotidiens. Cette alliance donne à la préparation de Dicky Bastian une identité forte, sans transformer la machine en simple objet de vitrine.

La moto donneuse est une MT-25 de première génération, millésime 2019. Ce roadster de moyenne-petite cylindrée appartient à la famille MT de Yamaha et partage sa parenté technique avec la MT-03, équipée d’un moteur de 320 cm³. La MT-25 reçoit, elle, un moteur bicylindre parallèle de 250 cm³, refroidi par liquide et alimenté par injection. Dans sa configuration d’origine, sa puissance est généralement donnée autour de 35 à 36 ch, avec une boîte à six rapports et l’ABS selon la version et le marché concernés.

Cette mécanique n’a donc pas été remplacée pour donner naissance à Rusa. Le projet conserve le cœur de la Yamaha et fait porter l’essentiel de la personnalisation sur la silhouette, les roues, la position de conduite et l’échappement. Le résultat intéresse autant les amateurs de transformations que les motards qui veulent une machine utilisable, plutôt qu’une pièce immobilisée dans un atelier.

Une MT-25 pensée pour rouler, pas seulement pour poser

Dicky Bastian, passionné installé à Kalimantan, en Indonésie, souhaitait une moto quotidienne au caractère visuel affirmé. Son idée : retrouver l’énergie des anciennes machines de course Yamaha tout en gardant la fiabilité et la souplesse d’un moteur moderne à injection. Le choix d’une MT-25 est cohérent avec cette ambition, car son gabarit compact et sa motorisation bicylindre offrent une base accessible pour circuler en ville.

Le surnom « Rusa », qui signifie « cerf » en indonésien, vient d’un détail de conception : les premiers guidons, assez hauts, rappelaient les bois de l’animal. Le nom ajoute une touche personnelle à un projet qui ne se contente pas d’appliquer une recette esthétique. Comme le montre l’ensemble de la préparation, chaque modification sert à rapprocher la machine de l’univers tracker tout en préservant un usage polyvalent.

La puissance d’origine, située autour de 35 à 36 ch, reste inchangée. Les estimations communiquées pour l’exemplaire préparé évoquent un poids en ordre de marche d’environ 150 à 155 kg, mais il s’agit d’une évaluation liée aux composants montés et non d’une mesure officielle. Cette combinaison explique la promesse de vivacité : un moteur volontaire, une moto allégée et une partie-cycle plus dépouillée forment un ensemble qui paraît immédiatement joueur.

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Un design vintage inspiré des Yamaha de flat track

Le style de Rusa puise dans les courses de flat track des années 1970, où les motos glissaient sur des pistes ovales en terre. Ces machines privilégiaient une ligne simple, un poste de pilotage dégagé et une carrosserie facile à identifier. Dicky Bastian a repris cette grammaire visuelle, mais l’a adaptée aux proportions d’un roadster japonais récent. Le résultat évite l’imitation historique : il évoque une époque sans renoncer à la silhouette compacte de la MT-25.

La référence la plus visible est la livrée « speed block », associée à l’histoire sportive de Yamaha. Ses aplats géométriques et ses bandes contrastées donnent au réservoir une présence immédiate. Cet héritage évoque notamment les motos de compétition de la marque et l’imaginaire des courses américaines, où les pilotes comme Kenny Roberts ont contribué à populariser une conduite spectaculaire et inclinée. Sur Rusa, la peinture fait le lien entre cette mémoire sportive et une préparation contemporaine.

Réservoir, selle et plaque avant : trois choix qui changent la silhouette

Le réservoir a été fabriqué sur mesure, avec une forme inspirée des anciennes machines de flat track. Cette pièce est déterminante : elle modifie les volumes de la moto et transforme le profil habituellement plus anguleux de la MT-25. Les badges Yamaha classiques et les graphismes speed block renforcent cette lecture rétro, sans cacher l’origine moderne de la base.

À l’arrière, la boucle de cadre a été raccourcie et modifiée pour accueillir une selle monoplace de tracker. Cette transformation allège visuellement la partie arrière et rapproche la ligne de celle d’une moto de course dépouillée. Elle implique toutefois un compromis concret : la place du passager disparaît, et l’assise courte favorise une utilisation solo plutôt que les longs trajets à deux.

À l’avant, une petite plaque porte-numéro masque en partie le phare à LED, installé de façon discrète. Le contraste est bien pensé : la plaque rappelle les motos engagées en compétition, tandis que l’éclairage moderne répond aux exigences d’un usage routier nocturne. Ce dialogue entre fonction et référence historique est au cœur d’un bon design néo-rétro : chaque évocation ancienne doit rester compatible avec la vie réelle.

La livrée ne suffit pas à faire un tracker convaincant. Sur Rusa, elle fonctionne parce que les proportions, les roues et la posture participent au même récit visuel, jusque dans les détails du poste de pilotage.

Les images de la préparation montrent ainsi une machine conçue pour être regardée en mouvement : les lignes restent lisibles lorsque la moto quitte l’atelier pour la route ou les chemins roulants.

Roues à rayons et échappement haut : une personnalisation fonctionnelle

La personnalisation de Rusa ne s’arrête pas aux éléments de carrosserie. Les roues en alliage d’origine ont cédé la place à des jantes à rayons, associées à des pneus à profil mixte. Ce choix renforce l’apparence de tracker et donne à la moto une allure plus adaptée aux chemins de terre ou de gravier. Il ne transforme pas pour autant la MT-25 en véritable tout-terrain : la géométrie, les débattements et les protections mécaniques restent ceux d’un roadster adapté à une pratique modérée.

Les pneus dual-sport élargissent le terrain de jeu, surtout sur les surfaces sèches et les pistes faciles. En revanche, leurs performances dépendent du modèle choisi, de la pression et de l’état du sol. Sur chaussée mouillée, une sculpture plus orientée vers les chemins peut aussi demander une conduite mesurée. Le caractère polyvalent de Rusa tient donc à un compromis, pas à une aptitude universelle.

Une suspension abaissée, réglée pour une autre posture

La fourche avant a été abaissée et raffermie. La modification contribue à la posture plus ramassée de la moto et à son apparence tendue, mais elle change également les réactions de la partie-cycle. Abaisser l’avant réduit la garde au sol et peut influencer la maniabilité comme la stabilité ; raffermir la suspension limite certains mouvements, sans garantir à lui seul un meilleur confort sur toutes les routes.

Ce type d’ajustement rappelle pourquoi une transformation esthétique doit être suivie d’essais sérieux. Une moto qui paraît plus agressive à l’arrêt doit rester prévisible au freinage, en virage et sur les irrégularités. Pour un propriétaire qui circule chaque jour, l’idéal consiste à vérifier les réglages avec un professionnel et à tester progressivement le comportement, surtout après la pose de roues différentes.

L’échappement haut, pièce maîtresse de la préparation

L’échappement est l’élément technique dont le constructeur amateur est le plus fier. Les collecteurs remontent vers le côté droit et débouchent sur deux silencieux en acier inoxydable placés en hauteur. Cette disposition est typique des préparations scrambler et tracker ; elle libère visuellement le bas de la moto et dessine une ligne dynamique le long de la selle.

Son intégration a demandé un travail précis, car les tubes devaient contourner le moteur à injection et le radiateur sans créer un ensemble encombrant. La difficulté n’est pas seulement esthétique : les dégagements thermiques, la fixation et la protection du pilote doivent être pris en compte. Une chaleur trop proche de la jambe ou un tube mal soutenu compromettrait l’usage quotidien que la préparation cherche justement à conserver.

Le son plus profond peut renforcer les sensations, mais la qualité d’une transformation se mesure aussi à son niveau sonore et à sa conformité aux règles locales. Dans cette réalisation, la réussite tient à la cohérence : roues, suspension et échappement contribuent tous au caractère tracker, sans effacer le moteur d’origine.

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Comportement routier de la Yamaha MT-25 Rusa au quotidien

Une préparation séduisante doit également tenir ses promesses dès que le moteur démarre. Selon son propriétaire, Rusa donne la sensation d’un grand jouet : légère, réactive et facile à placer. Cette impression s’accorde avec le format de la MT-25, dont le bicylindre offre une réponse progressive et dont la boîte à six rapports permet d’exploiter la mécanique sur une plage de régimes étendue.

En circulation dense, le gabarit compact favorise les changements de trajectoire et les manœuvres à basse vitesse. Le guidon large contribue à une position droite, avec un levier important pour orienter la moto. Dicky décrit cependant une posture à la fois verticale et engagée : le pilote reste maître du mouvement, sans adopter la position couchée d’une sportive carénée. Pour un trajet domicile-travail, ce mélange peut se révéler plus naturel qu’une ergonomie radicale.

Une machine vive, avec des limites à garder en tête

La MT-25 de série est souvent appréciée pour ses accélérations franches et sa capacité à maintenir un rythme soutenu pour une 250 cm³. Certaines publications évoquent une vitesse maximale dépassant 160 km/h sur une version d’origine, mais cette valeur dépend des conditions, du marché et de la configuration. Elle ne doit pas être transposée automatiquement à Rusa, dont les pneus, l’échappement, le réglage et la démultiplication peuvent modifier le comportement.

Le propriétaire indique que la réponse semble plus vive, notamment grâce à la réduction de poids et à une démultiplication ajustée. Cela ne signifie pas que le moteur développe davantage de puissance : la base conserve sa mécanique d’origine, autour de 35 à 36 ch. Une sensation d’accélération améliorée peut venir d’un poids inférieur ou d’un étagement différent, alors qu’une mesure au banc serait nécessaire pour établir une éventuelle variation de puissance.

Sur terre ou sur sable, la moto peut s’amuser sur des portions adaptées, comme le montrent les sorties de son propriétaire. Il faut toutefois distinguer plaisir occasionnel et usage tout-terrain engagé. L’ABS, les débattements de suspension et la garde au sol d’une MT-25 ne remplacent pas l’équipement d’une enduro, et une plaque ou un échappement exposé peuvent souffrir en cas de chute.

  • En ville : le format compact et la position droite favorisent les déplacements quotidiens.
  • Sur route : le bicylindre et la boîte à six rapports permettent de conserver un rythme dynamique, dans les limites du modèle.
  • Sur chemin facile : les pneus mixtes et les roues à rayons ouvrent des possibilités, sans faire de Rusa une moto d’enduro.
  • Pour les longs trajets : la selle monoplace et les choix de suspension invitent à vérifier le confort avant de partir loin.

La force de cette préparation réside dans son équilibre d’usage : elle privilégie l’agilité et le plaisir sans prétendre remplacer une machine spécialisée.

Fiche de la Yamaha MT-25 « Rusa » : caractéristiques et compromis

Les informations disponibles permettent de distinguer les données de la moto d’origine des estimations propres à la préparation. Cette précision compte : les valeurs d’une fiche constructeur ne décrivent pas nécessairement une machine modifiée, tandis que les chiffres annoncés pour un exemplaire personnalisé peuvent dépendre des pièces et des réglages retenus.

La base est une MT-25 de première génération, produite en 2019 pour le projet de Dicky Bastian. Le modèle s’inscrit dans la famille des petits roadsters Yamaha et partage des solutions générales avec la MT-03, plus cylindrée. Les chiffres de puissance cités pour la MT-25 varient selon les marchés et les conventions de mesure ; la plage de 35 à 36 ch correspond ici à la donnée fournie pour le moteur d’origine, et non à une mesure certifiée de Rusa.

ÉlémentDonnée disponibleLecture pour Rusa
BaseYamaha MT-25, première génération, année 2019Roadster compact transformé en tracker néo-rétro
MoteurBicylindre parallèle de 250 cm³, refroidissement liquide, injectionMécanique d’origine conservée
PuissanceEnviron 35 à 36 ch selon les données communiquéesAucune hausse chiffrée établie
TransmissionBoîte à six rapports sur le modèle de sérieDémultiplication ajustée selon le propriétaire
PoidsEnviron 150 à 155 kg estimés pour la préparationValeur indicative, non homologuée comme mesure officielle
Modifications visiblesRéservoir artisanal, selle solo, roues à rayons, échappement hautStyle vintage associé à des choix de roulage

Ce que cette préparation peut inspirer à un futur constructeur

Rusa offre un exemple utile aux motards qui envisagent une personnalisation de leur propre machine. Avant de commander des pièces, il est pertinent de définir l’usage principal : trajets urbains, sorties du week-end ou routes secondaires. Un projet conçu pour la ville ne demande pas les mêmes pneus, la même suspension ni le même niveau de protection qu’une moto destinée à rouler régulièrement sur des pistes.

Les modifications peuvent être organisées autour de priorités concrètes : préserver une position confortable, maintenir un éclairage efficace, vérifier la compatibilité des roues et sécuriser le cheminement des collecteurs. Un réservoir artisanal ou une boucle arrière modifiée réclament aussi une attention particulière à la fixation et à la qualité des soudures. Une apparence réussie ne compense jamais un montage approximatif.

Enfin, les règles d’homologation, de bruit et d’équipement varient selon les pays. Avant de circuler, le propriétaire doit vérifier que les transformations restent compatibles avec la réglementation applicable, notamment pour l’éclairage, les pneus et l’échappement. C’est ce travail moins visible qui permet à une création personnelle de rester une vraie moto utilisable.

Rusa convainc parce que sa personnalité ne repose pas uniquement sur une peinture évocatrice : chaque choix raconte le même projet, celui d’un tracker néo-rétro léger, distinctif et pensé pour reprendre la route.

Homme barbu portant une veste en cuir.

Simon

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